2009 - 2010 Espace de la gare

Jeudi 21 janvier 2010 4 21 /01 /2010 22:17
Par Jetons l'encre - Publié dans : 2009 - 2010 Espace de la gare - Communauté : le texte voyageur
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Jeudi 21 janvier 2010 4 21 /01 /2010 21:58


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Le 4 janvier 1960, un arbre traversait la route

Pardon une voiture heurtait un arbre

Et deux vies s’envolaient…

 

Au moment de 50ème anniversaire de la mort d’Albert Camus, de nombreux qualificatifs ont été employés pour désigner Albert Camus :

le juste, l’homme intranquille, l’homme seul, un homme libre, le nouveau philosophe, le père, le contemporain, le libertaire irrécupérable, le porte-drapeau, un écrivain dangereux, le révolté…

 

vos mots pour Albert Camus


 

L'élève, comme la rivièreaimerait suivre son cours tout en restant dans son lit...

 

et si vous continuiez...

Par Jetons l'encre - Publié dans : 2009 - 2010 Espace de la gare - Communauté : Plaisirs d'écrire
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Mardi 24 novembre 2009 2 24 /11 /2009 15:47


 

Un 1er dimanche de novembre,

 

Ce matin-là, le ciel était rose.

Et rien, vraiment rien ne laissait présager de ce qui allait suivre.

Le chien s’était envolé dans la campagne et il décida de prendre sa canne et de parcourir son jardin. Devant ses yeux, les couleurs du jour s’épanouissaient.

Le jaune des forsythias, le rouge des coquelicots, le bleu des hortensias, le vert des lauriers sauce, l’orange des soucis, le vert des lauriers thym, le violet des iris, le pourpre de l’étable japonais, le blanc des perce-neige, le vert des lauriers roses, le rose de l’arbre de Judée…

Mais il y avait une incongruité dans tout cela : le forsythia ne pouvait fleurir en même temps que le coquelicot ou alors la nature avait la tête à l’envers.

D’ailleurs depuis quand, en novembre, les pâquerettes envahissent les jardins.

Non, c’était juste un bon tour de la fée Nature qui venait de lui présenter pendant son tour du jardin d’un petit quart d’heure une année de floraison.

 

 

Le lundi suivant …

 

C’était le jour qu’il se réservait pour aller faire le tour des antiquaires. Son rêve, trouver un exemplaire du « Grand dictionnaire de cuisine » écrit par l’écrivain des « Trois mousquetaires » Alexandre Dumas.

Souvent son ami, le notaire, Clotaire Voltaire l’accompagnait dans ses recherches. Celui-ci était un spécialiste des reliquaires auquel un vicaire l’avait initié quand il était enfant de chœur.

La veille, il avait reçu un coup de fil d’un de ses fidèles émissaires qui écumaient pour lui  toutes les foires à la brocante, foires aux livres, vide-grenier et magasin d’antiquité du département.

Un nom de boutique « le grand vestiaire », un nom de propriétaire Monsieur Calvaire : c’est là qu’il devait trouver son bonheur.

 

 

Le mardi suivant …

 

Il avait enfin trouvé son livre et fut tout surpris de découvrir sur la première page de ce livre tant recherché une dédicace :

À Lady L.

Qui me réveilla un 32 octobre,

Qui m’ensorcela,

Qui effraie mes jours,

Qui enchante pour toujours mes nuits,

Qui veille sur moi.

 


 

 

Le mercredi suivant …

 

Il allait devoir appeler sans tarder Aimé, dit le Gentleman. En effet ses talents de monte en l’air allaient lui être fort utiles. Il allait lui demander de couper sans plus tarder la tête coupable de déranger ses pauvres rares heures de sommeil. Et cette tête était celle du coq du voisin qui se refugiait sur le toit de l’appentis sous la fenêtre de sa chambre et ne respectait pas son sommeil, criant à n’importe quelle heure, plus précisément à chaque premier quart heure de chaque heure. Imaginez !

 

 

Le jeudi suivant …

 

Gros câlin ! Gros câlin !

Il s’époumonait à appeler son chien qui s’entêtait à faire la sourde oreille. L’âge le rendait-il peut-être un peu sourd ou son gout immodéré pour la promenade et la poursuite de toute odeur nouvelle le faisait-il partir au-delà du jardin. Ce matin-là, il vit des traces devant datées de la nuit précédente près de la haie, au fond du jardin. Gros câlin l’avait traversée sans aucun embarras, y faisant une nouvelle trouée. À la poursuite de quel animal était-il parti ? Il ne le savait pas mais il imaginait que cela devait être un sanglier.

 

 

32 Octobre

atelier « Jetons l’encre »

Jeudi 12 novembre 2009

 

 

Par Jetons l'encre - Publié dans : 2009 - 2010 Espace de la gare - Communauté : créabranche
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Mardi 24 novembre 2009 2 24 /11 /2009 15:44

 

Les couleurs du jour

Souvent la tristesse prenait le dessus. Je regardais mon existence bouchée de toute part, mentalement je comptais les derniers sous qui me restaient et recalculais combien de temps je pourrais tenir, 15 jours, 21 peut-être. Je pensais à moi avec une sévérité extrême : mon absence de talent et mes livres mort-nés, mon manque de courage et la perte de Julie, mon besoin enfantin d’être réconforté, reconnu.

 

Si je ne me suis pas suicidé alors c’est que j’habitais Nice. Je sortais dehors écouter le chant de la ville, sentir l’odeur de la mer, admirer les couleurs du jour. Je savais alors que la bataille valait le coup d’être livrée et me reprenais en main.

 

 

Le grand vestiaire

En passant rue Magenta à Nice, on pouvait voir à travers les vitres fumées les silhouettes des petits rats de l’opéra qui se changeaient. Je séchais l’école afin de rester là tout le jour. Voir ces ombres blanches et roses, ces mouvements de bras en tous sens, deviner les rires, une bagarre, la précipitation, me remplissaient d’un trouble érotique si fort que je manquais plus d’une fois de m’évanouir. Dans le grand vestiaire de l’opéra les corps se mélangeaient en un melting-pot fantasmé, une orgie en illusion d’optique. Je vivais dans un rêve d’un érotisme si sauvage et si absolu que sa simple évocation me fait aujourd’hui encore trembler de pied en cap.

 

Vingt ans plus tard, lors de la libération de la ville, le directeur nous fit faire une visite complète de l’Opéra. J’appris alors que le grand vestiaire devant lequel j’avais tant rêvé enfant était celui des garçons. Ma sexualité en a été tant détraquée qu’il n’est guère étonnant que je sois devenu écrivain.

 

 

Lady L.

Je savais que je la ferais souffrir mais Lady L. m’avait tant et tant tanné que je ne pouvais plus reculer. Je devais tout lui avouer aujourd’hui.

Pourtant quand je la vis dans sa chambre au milieu de sa collection de souvenirs du tsar, assise à son secrétaire écrivant sans doute à M. Gaston Deferre ou à M. François Mauriac pour leur exposer ses vues sur le rayonnement de la France, quand je la vis ainsi si pauvre et si belle, mon cœur se serra de tendresse. Je me détestais pour la peine que j’allais lui faire. Tel Judas, je la pris par les épaules et l’embrassais. Je me dégageais pour éviter son habituelle caresse dans les cheveux et lui avouais tout d’un trait : « Ma petite maman chérie, surtout ne crie pas, je vais épouser Lady L. »

 

 

La tête coupable

Jamais depuis que j’étais à Londres je n’avais été en proie à une telle colère patriotique. Mers el-Kébir, le ratage de Dakar ou le sabordage de la flotte m’auraient presque trouvé froid en comparaison. Mais savoir que Juillet, cet épicier à demi-collabo, ce gras du bide, ce casse-bonbon épique, avait osé envoyer un bouquet de roses et une déclaration en alexandrin à la femme du Général me remplissait d’une colère sacrée et terrifiante. Même si j’étais certain que Madame Yvonne n’accorderait pas plus d’attention à ses mauvaises rîmes qu’Eisenhower au dessin folklorique des toitures franc-comtoises, je brûlais de voir la tête coupable tranchée vive et promenée dans un carton à chapeau d’un bout à l’autre de l’Europe libérée.

 

 

Gros-Câlin

Lorsque j’arrivais sur place, les paras de Massu avaient « sécurisé » le secteur, euphémisme militaire pour dire que tous les paysans arabes du coin avaient été fusillés.

-        Bienvenu à Gros-Câlin monsieur le Professeur. Conformément à vos instructions nous avons commencé à fouiller les ruines.

-        Parfait colonel, je vais dans ma tente, prévenez moi dès que vous trouvez quelque-chose.

 

Ils la trouvèrent vers minuit, la dague de Salomon, enterrée précisément là où l’indiquait le texte d’Averroès déchiffré par mes soins. Les soldats étaient silencieux ; fascinés par l’aura de force qui se dégageait de l’objet millénaire et sa promesse d’immortalité. Je saisis la dague et l’enfouis sous mon manteau.

La brute de colonel s’avança vers moi :

-        Cet objet est la propriété de la France, Professeur.

-        N’oubliez pas que c’est moi le seul responsable de cette mission. La puissance de cette dague dépasse tout ce que vous pouvez imaginer, alors mieux vaut que vous ne vous en occupiez pas. Je rentre en métropole sur le champ en prenant un de vos avions. Je piloterais moi-même.

 

Si tout allait bien, dans quelques heures, cette guerre sordide, ce pays vieillissant, ces soldats à la bêtise de taureau seront loin derrière moi. Oui, dans quelques heures la prophétie de la dague sera réalisée. Immortel et tout puissant, je serais un être de lumière volant dans l’éther céleste, parmi les anges, mes semblables.

 

 

Benoît

atelier « Jetons l’encre »

Jeudi 12 novembre 2009

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Mardi 24 novembre 2009 2 24 /11 /2009 15:40


Du lever du soleil à son coucher,

De l’ouverture du volet à sa fermeture,

Chaque jour nouveau est bien différent de l’autre.

Les couleurs du jour sont pourtant toutes les mêmes, quoiqu’on en dise.

Réveil fumeux,

Réveil grincheux,

Soleil radieux,

Réveil heureux.

 

 

Puis, malgré ce temps toujours changeant, il faudra bien se vêtir pour sortir. Que faire ? Sortir suivant le temps qu’il fait ou bien suivant ses envies ou encore ses humeurs. Il suffit d’ouvrir l’armoire et de choisir dans ce grand vestiaire, même au hasard, l’habit adéquat.

 

 

Enfin dehors, qu’il fait bon se promener en ce petit village anglais. Petites maisons victoriennes avec le petit gazon finement tondu. Cet enchantement visuel fut vite interrompu par une envie pressante. Vu mon anglais approximatif, je mis du temps et l’envie devenait de plus en plus pressante. Ouf ! Un panneau indiquant « TOILETS » me sauva la mise. Mais pourquoi se retrouver au poste de police ? Le bobby de service m’indiqua alors que je m’étais enfermé dans les « Lady L » - en français, lavabo pour femme…

 

 

Ayant plaidé mon ignorance linguistique aux autorités anglaises et ma bonne foi, je suis sorti du poste de police, certes la tête coupable de mon ignorance mais la vessie enfin soulagée.

 

 

Rentré chez moi, il ne restait plus qu’à mettre en place mon imper en cette grande armoire appelée pour un soir, le grand vestiaire, à réfléchir à cette journée passée par toutes les couleurs du jour et à ma tête coupable, à faire, avant de m’endormir, un gros câlin à mon nounours appelé, pour un soir et en raison des circonstances, lady L.

 

 

Francis

atelier « Jetons l’encre »

Jeudi 12 novembre 2009

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