Les mots voyageurs - Noëlle MATHIS à Marseille

Samedi 24 octobre 2009 6 24 /10 /2009 13:53



 

voyageur rageur

voyageur joueur

voyageur harangueur

voyageur amuseur

voyageur voyeur

ange en errance

ange en vengeance

ange en vendange

ange en mélange

ange en vidange

 

 

 

voyageur tu meurs !

 

ange tu déranges !

 

 

 

voyageur âgé

voyageur café

voyageur rejeté

voyageur raté

voyageur tué

 

ange étranglé

ange mangé

ange dévoré

ange jeté

ange chamboulé

 

voyageur sans volonté

 

ange sans tranquillité

 

 

 

 

 

Voyageur se prenant pour un ange

Ange se croyant étrangleur

Étrangleur rentrant au village

Village en vendange

Vendange en plein carnage

Carnage du balayeur

Balayeur drôle de personnage

Personnage joueur

Joueur à toute heure.

 

 

 

Par Jetons l'encre - Publié dans : Les mots voyageurs - Noëlle MATHIS à Marseille - Communauté : créabranche
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Samedi 24 octobre 2009 6 24 /10 /2009 09:52


« …attention, attention… le train en partance pour Lyon la Pardieu a un retard indéterminé. »

  

Billet de train, coût 46.40 € :

Quinze ans que je n’ai pas pris le train… et juste ce jour-là le train s’oublie en rase campagne…
et mon heure d’arrivée… et le retard…
et elle s’en fout Miss SNCF

  

Il est quatorze heures et depuis six heures, il s’en est passé des choses, pardon tout un enchaînement d’événements.

 

…et les émotions serrent de nouveau la gorge, le rouge recolore les joues, le souffle se fait court.

Il a fallu penser à tout : annuler les rendez-vous du lendemain, mentir, inventer, prévenir le voisin, faire la valise, y mettre deux ou trois livres, le carnet des notes du dernier atelier d’écriture à taper, le prochain atelier à préparer, le compte-rendu de la réunion qu’il fallait envoyer… et tout le reste, essayer de ne rien oublier.

« Colette, tu me piques et tu peux me descendre à la gare routière ? »

 

Patatras, une pile de papiers s’égaille…

  

Avant le 15 du mois prochain, coupon réduction de 0.50 € sur un sac de 20 kgs de croquettes pour chiens : avec le sourire en prime de celui qui mettra le dit sac de croquettes dans le caddy puis le coffre de la voiture puis dans le garde-manger à chien… non précisé
 

  « …attention, attention… un incident sur la voie TGV en direction de Lyon retarde le départ du train de 14.05 jusqu’à... »

  

Serviette de papier remise en même temps que la part de quiche : 7 € s’embête pas… à peine chaude… faite juste pour caler un estomac de moineau… me suffit, déjà ¼ d'heure de retard
et pas plus de précision sur l’heure de départ donc d’arrivée

 


Personne ne s’affole, chacun semble prendre cela du bon côté. 

Assis dans le hall un homme avec une tonne de paquets.

 

  

En regardant plus près : deux bouteilles à oxygène, une immense glacière, une sacoche accrochée comme par une menotte à son poignet : que transporte-t-il ? Bizarre accoutrement dans une gare. Lui seul semble fébrile. Qu’y a-t-il dans sa glacière ? Un transplant ou juste son en-cas ? Difficile d’aller lui demander… il ne reste pas en place. Course contre la montrer, la mort ou par la vie.

 

« …attention, attention… les passagers en partance pour Lyon La Pardieu, Lille et Bruxelles  une navette va être mise à votre disposition vers la gare Saint Charles suite à un incident sur la voie à la hauteur de Tarascon. »

 

Et le reste se perd dans le brouhaha de la gare. Presque trois quarts d’heure de retard.

  

Emballage du Mars, pardon d’un double mars… 2.70 € colle aux dents, dommage il n’y avait plus de Bounty… rêve de noix de coco sur le quai de la gare d’Aix-en-Provence TGV…
où sont les palmiers ?

 

Je regarde l’heure, mon téléphone. Un SMS : « un peu de retard, dispos à 15.30 ». Cela tombe bien, je ne sais toujours pas à quelle heure le train décolle. Eh oui, tout d’un coup, je veux que le train décolle, il a pris du retard, seul moyen pour le combler. Miss SNCF n’en a cure. Les minutes sont comptées. Elle ne va pas me voler des minutes de temps si précieux. Répondre ou ne pas répondre au SMS.

  

Écran de téléphone, transcription du SMS : « ok. TGV en rade. Te tiens au courant »

  

Les gens commencent à parler entre eux.

Une jeune femme « vous parlez espagnol », réponse laconique « non ».

C’est vrai que nous avons déjà du mal à être au courant, alors elle, personne n’en fait cas.

 

Deux hommes qui semblent d’affaires « et notre correspondance pour Genève »

et moi intérieurement, il y a un ou deux ans, vous y seriez allés en avion à votre rendez-vous à Genève. Restrictions obligent. Comme tout le monde, vous attendrez que la voie TGV soit dégagée. D’ailleurs, un troupeau de vaches l’encombre, une charrette de foin tombée en contrebas, un désespéré en travers des rails ? que sais-je ? Aucune précision. Miss SNCF a perdu sa voix.

  

Le dépliant du monastère de Brou collé juste par un coin, souvenir du voyage d’il ya 15 jours et destination finale de ce premier jour de voyage : 8 € pour l’entrée dans le monastère, avoir le droit de s’asseoir sur un banc en pierre, de se ressourcer.
D’ailleurs est-ce que le toit en tuiles colorées se voit de l’intérieur du monastère ?

  

« …attention, attention… les passagers en partance pour Lyon La Pardieu, Lille et Bruxelles  la voie est dégagée, le TGV va entrer en gare et va emprunter la voie à vitesse réduite. »

  

Ticket du car pris au village pour gagner la gare d’Aix : 5 €. Un car de 50 personnes pour moi toute seule et une conductrice bavarde au début du trajet. « il faut faire de la publicité. Sinon, la ligne va être supprimée, etc… » et ensuite elle tourne le bouton de l’auto-radio et se cale sur Rire et chansons. Horreur. Je hais ces comiques.
Obligation de prendre son mal en patience.

 

 

Tout le hall se vide, direction quai 3.

Brouhaha de voix : « quel repère pour la voiture 15 »… « attention c’est un Tgv double »… « et la correspondance pour Nantes, je vais la rater »… « Monsieur, vous oubliez votre journal », le monsieur n’entend pas, il a trop peur de rater son train.

 

 

Extrait du journal : 24ème suicide chez Orange…

   

Par Jetons l'encre - Publié dans : Les mots voyageurs - Noëlle MATHIS à Marseille - Communauté : créabranche
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Mardi 6 octobre 2009 2 06 /10 /2009 16:05


 

Reçue ce jour une drôle de convocation :

« convocation en date du 5 octobre 2009, 20 heures

Au rapport les souvenirs ! »

 

Les souvenirs ! non !!!

J’ai décidé un jour de ne plus avoir de souvenir. Juste de l’avenir.

 

Je ne me souviens plus quand j’ai décidé de rayer tous les souvenirs de ma mémoire.

 

C’était un jour où le soleil avait décidé de rester couché.

C’était un jour où il y avait un avant et un après.

C’était un jour différent des autres.

C’était un jour qu’il fallait oublier pour avoir moins mal.

C’était un jour, pas un seul jour… au moins… tant que cela… oui, car comme les chats, une vie recommençait. Une nouvelle vie naissait d’une souffrance.

 

Il fallait oublier donc ranger les souvenirs au placard.

 

Il fallait bien les enfouir pour se laisser le droit, parfois, de les faire revivre, jaillir sans crier gare.

 

Combien de chemins remontent des souvenirs et restent encore précieux, malgré tout ?

 

Ont-ils jamais existé ?

Ont-ils été embellis ?

Ont-ils été travestis et parés de couleurs inconnues ?

Ont-ils été redessinés, repeints à l’encre des sentiments et du passé ?

Ont-ils été

Vécus,

rêvés,

Désirés,

Perdus,

Effacés,

Enfouis,

Réveillés,

Tués.

 

Et si, en fermant très fort les yeux, des chemins s’échappaient du placard aux souvenirs fermé à double tour.

 

Il suffit d’un nouveau départ, d’une promesse tenue.

Il suffit d’un nouveau bonheur pour entrebâiller la porte.

 

 

Il a suffi de lire :

« Tu me dis si je dois te prendre demain matin.

Je pars impérativement à 7h00.

Rendez-vous au péage de l’autoroute ».

 

Et là vogue la galère vers de nouveaux voyages qui rappellent d ‘autres voyages.

Ces mots remuent des souvenirs que je croyais bien enfouis, oubliés. Mais un souvenir, cela ne meurt pas comme cela.

 

Il a suffit de juste quelques mots, d’un sourire, d’étoiles dans les yeux, d’un coin de paysage pour que la pelote des chemins se déroule.

Les chats se sont lancés la pelote, la triturent, la poussent, la font rouler et là, tout d’un coup, un chat plus futé qu’un autre tire un brin de la pelote et comme par enchantement le chemin se déroule, un nouveau chemin s’ouvre.

Les pas se remettent dans les pas du passé.

 

Remonter le Rhône pour rentrer au pays. Non, trop loin.

Non, au moins jusqu’à Valence et ses éoliennes. Un premier arrêt.

 

-        Tu as vu. En une quinzaine, nous sommes passés aller – retour au moins huit ou dix fois et la troisième éolienne à partir de la gauche ne tourne toujours pas. Elle est fatiguée ; elle a rendu l’âme peut-être…

 

En fermant les yeux, en essayant de se rappeler les avants, les avants l‘accident, les avants des autres vies, a-t-elle déjà tournée ? A-t-elle déjà brassé le vent ?


Pourtant, je les ai vues souvent.

Elles ont été souvent sur la route

Pour aller faire des virées en Cévennes,

Pour aller rejoindre le centre de la France,

Pour aller comme aujourd’hui à B en B.

 

Combien de fois les ai-je photographiées mais je ne me souviens plus si je l’ai déjà vu tourner la troisième éolienne à partir de la gauche.

-        Et arrête de rire.

-       

-        Oui, elle m’obsède cette éolienne.

Pourquoi ne tourne-t-elle pas ?

Pourquoi refuse-t-elle de produire ?

Pourquoi ne la répare-t-on pas ?

Pourquoi…

Pourquoi…

-       

-        Oui, tu as raison, je veux savoir. Je veux savoir pourquoi une éolienne, la troisième éolienne à partir de la gauche, sensée brasser du vent ne tourne pas. Pourquoi la troisième éolienne à partir de la gauche est toujours à l’arrêt ?

 

Et tout d’un coup, d’un coup de vent, de l’éolienne nous voilà transportés, par je ne sais quel miracle ou association d’idées, au bout de la route d’Angers.

 

Tu ne savais pas que c’était la maison de mes grands-parents qui était la dernière sur la route d’Angers au milieu des années 50.

Normal, tu étais encore dans ta poussette alors que moi, je courrais déjà après grand-père pour aller ramasser l’osier pour faire les paniers.

 

Et tout d‘un coup, la pelote de la route d’Angers se déroule et plein d’images surgissent devant nos yeux.

Elle a changé la route d’Angers. Cela fait quinze ans que je ne l’ai plus prise, toi, tout juste quinze jours.

 

Et les souvenirs se superposent, s’affrontent.

 

-        Tu ne reconnaitrais rien. La passerelle du Maroc a disparu.

-        Souvenir, souvenir ; il ya plus de dix ans déjà. Papa me l’a dit un jour. Tu ne te rappelles que de cela. Ta mémoire est courte. Et d’ailleurs, c’est ma ville. Toi, tu n’as fait que d’y passer…

 

Et la pelote aux souvenirs lâche des noms. Chacun son tour jette un nom en pâture à l’autre : Bugatti, ACO, Rotonde, Hunaudières, 24 Heures, rillettes…

 

Et un fou rire nous prend…

Nous ne savons même pas pourquoi…

 

Si, nous nous sommes peut être croisés dans ces lieux mythiques, pour nous, il y a trente ans, vingt cinq ans et un jour, nous nous sommes choisis à plus de mille kilomètres de là et avons renoué la conversation…

 

 

Au magicien.

Pour avoir permis de commencer à dérouler la pelote aux souvenirs

 

32 Octobre

atelier « LA FERRONNERIE »

Noëlle Mathis

Lundi 5 octobre 2009

 

Par Jetons l'encre - Publié dans : Les mots voyageurs - Noëlle MATHIS à Marseille - Communauté : créabranche
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Mardi 29 septembre 2009 2 29 /09 /2009 07:23

 

Mardi 21.10

Message s’affichant sur le téléphone

« Déplacement sur B. »

 

Tiens, ce n’était pas prévu.

 

Réponse rapide : « bon courage @ plus appelle quand tu as fini de dîner »
 

Mardi 21.13

Bizarre. Pourquoi B. pas prévu. Mince. C’est un mail donc que le titre du message.

Pas la tête à cela. Nous sommes mardi. Soirée entre amis.

Cela me chiffonne.
 

Mardi 21.15

Il faut que j’en aie le cœur net.

« Je pars demain matin à 7h00 pour B. et j’ai RDV vers 11h30.

Je ne connais pas trop mon planning, mais dois revenir pour 16h00 vendredi.

Je peux te prendre si tu es disponible, mais j’ai peur que tu trouves le temps long pour la journée de jeudi.

Tu me dis si je dois te prendre demain matin.

Je pars impérativement à 7h00.

Bonne soirée. »
 

Mardi 21.16

Arrêt du cœur – rassurez-vous… fictif – mais le rouge monte aux joues, le pouls s’accélère.

Soirée entre amis.

Bonne soirée entre amis.

Garde sans le chien.

Tout se mélange dans ma tête.

Demain matin… demain matin, une proposition de départ.
 

Mardi 21.20

« OK »

Juste ces deux lettres envoyées.

Et là tout s’est précipité.

Demain 7 heures… il reste moins de … combien… pour faire le sac… tout mettre en place…tout organisé.

Le rouge est toujours aux joues, le cœur fait toctoc.

Jouons comme prévu jusqu’à 23 heures.

Encore garde sans le chien, P est en forme ce soir.

On verra après.

Rires complices entre amis.
 

Mardi 23.30

Tout le monde est parti. Tout est rangé. Tout reste à faire, à organiser.

Quel sac, quelle valise… et les chats, et la chienne, et les rendez-vous-prévus…

Est-ce que je sais encore faire une valise ?

Plus eu l’occasion depuis… depuis, j’essaie de compter. Je mélange les dates. Seuls les séjours à l’hôpital remontent à la surface.

 

Mardi 23.45

Le sac est toujours là comme prêt à partir.

Il est prêt mais pas pour le même type de voyage.

 

Il peut vomir son shampooing, son gel douche, ses serviettes, ses obligatoires pour un séjour rapide à l’hôpital.

Là, il part en vacances.

Là, il est rendu à sa destination joyeuse.

 

Tiens, dans la pochette sur le côté, un savon Ibis. Mais quel Ibis ? celui d’il ya plus de cinq ans à Cahors, celui de Lyon sur la route d’un retour encore plus éloigné. Plus sa place dans le sac. Direction, le tiroir aux petits savons entassés et jamais utilisés, juste stockés au cas où, pour ne pas manquer.

 

Dans la même pochette, une plaquette de comprimés à la date périmée depuis deux ans, direction poubelle.

 

Et encore des mouchoirs en papier, des serviettes en papier de toutes les couleurs, souvenirs de voyage en Italie, en Espagne, avant… avant l’accident.

 

Et maintenant, des couverts en plastique encore emballés. Souvenir de la Conception. Plateau immangeable avec des couverts emballés. Dix paquets de couverts emballés. Non utilisés. Souvenir de dix repas non pris ou alors économie. Quel gaspillage de couverts en plastique emballés ! Dix paquets de couverts en plastique que je vais ranger consciencieusement dans la boîte à couverts à pique-nique.

 

Juste pour m’obliger à quitter ce sac quelques instants et me permettre de reprendre mes esprits.
 

Mercredi 00.12

Personne pour me pincer. Donc bien vrai… C’est écrit :

« Je pars demain matin à 7h00 pour B. … dois revenir pour 16h00 vendredi.

Je peux te prendre si tu es disponible, … .

Tu me dis si je dois te prendre demain matin.

Je pars impérativement à 7h00. »

 

Je ne rêve pas et je crois même que le sac est content d’être secoué. Cela faisait si longtemps qu’il n’avait pas bougé de son étagère.

 

Pour peu, il s’animerait, se secouerait, enverrait balader son contenu et ses deux anses deviendraient bras et mains.

  

Mercredi 0.15

Il se remplirait seul de tout et de rien.

Il se remplirait de plaisir.

Il se remplirait juste pour le plaisir.

Il se gonflerait.

Il bomberait le torse.

Il jouerait le rôle de jeune premier dans le prochain film de…
 

Mercredi 0.20

Arrête, secoue-toi.

C’est vrai, il reste moins de sept heures.

Dans moins de sept heures, tu seras au péage de l’autoroute.

Moins de sept heures, pour tout emporter et ne rien oublier.

Dans moins de sept heures, les kilomètres commenceront à être avalés.

Au fait où est B. ?
 

Mercredi 0.25

Le sac est encore gros.

Tiens, dans ses entrailles, le dernier livre de Muriel Barbery, « l’élégance du hérisson », son deuxième paru en 2006, il y a plus de trois ans.

Cela date, permet de dire que ce sac n’est pas sorti depuis début 2006 de son placard. Et ce livre que je croyais avoir égaré, ce livre que je viens de racheter en poche. Jamais, je n’aurai été le chercher là. Ce livre fait partie de l’avant, de l’ancienne vie.

 

Il n’était pas seul dans le sac.

Il y avait aussi « l’ombre des autres » de Nathalie Rheims, « Ourania » du futur prix Nobel de littérature. Il y avait aussi… des pages et des pages pour oublier la Conception.

 

Tiens, cela fait longtemps que j’ai lu ces auteurs.

 

 

 

 

 

Au magicien.

J’en sais des choses de toi, m’as-tu dit.

Pour toi, pour en apprendre plus de moi.

 

 

 

32 Octobre

atelier « LA FERRONNERIE »

Noëlle Mathis

Lundi 28 septembre 2009

 

Par Jetons l'encre - Publié dans : Les mots voyageurs - Noëlle MATHIS à Marseille - Communauté : Plaisirs d'écrire
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